La rupture conventionnelle ouvre droit à certaines aides sociales. En signant une rupture conventionnelle avec votre employeur, vous recevez en contrepartie une indemnité de rupture. Vous avez également droit aux allocations de chômage (sous certains conditions en remplit les conditions d’attribution). Mais alors, comment se passe une rupture conventionnelle ? On vous explique.
Vous pouvez engager une rupture conventionnelle si vous êtes salarié, employé en CDI, dans le secteur privé. Vous pouvez en bénéficier que vous soyez protégé pour vos fonctions représentatives au sein de l’entreprise ou non.
Attention : le dispositif de la rupture conventionnelle ne peut s’appliquer ni aux salariés en CDD ou en contrat temporaire, ni aux agents (titulaires et contractuels) de la fonction publique.
La rupture conventionnelle étant une rupture de contrat à l’amiable, elle ne peut être envisagée que par un commun accord. Ainsi, votre employeur ne peut vous imposer une rupture conventionnelle, et de même, vous ne pouvez pas non plus la lui imposer.
Si vous envisagez avec votre employeur la rupture de votre contrat d’un commun accord, vous pouvez avoir recours à la rupture conventionnelle, en trouvant un compromis. Vous pouvez également engager une rupture conventionnelle lorsqu’une procédure de licenciement à votre encontre est en cours.
Attention : si vous estimez que la rupture conventionnelle a été signée sans votre consentement libre, vous pouvez faire annuler la rupture conventionnelle par un juge.
C’est le cas, par exemple :
Dans ces cas-là, vous êtes en droit de percevoir les indemnités prévues en cas de licenciement injustifié (sans cause réelle et sérieuse).
Même si vous arrivez à trouver un accord avec votre employeur, vous ne pourrez engager de rupture conventionnelle si vous vous trouvez dans l’une des situations suivantes :
Le ou les entretiens que vous avez avec votre employeur dans le cadre d’une rupture conventionnelle permettent de définir les conditions de cette rupture, comme par exemple sa date effective, le montant de l’indemnité que vous percevrez de votre employeur, le préavis à effectuer ou non. Ces conditions doivent être fixées dans une convention de rupture.
C’est la 1re étape de la procédure : vous êtes dans l’obligation de vous réunir au moins une fois avec votre employeur. Les conditions de convocation à l’entretien (date, heure, lieu) sont librement fixées entre vous.
Lors de chaque entretien, vous pouvez demander assistance à :
Attention : si vous optez pour l’assistance d’un salarié, vous devez alors en informer l’employeur au préalable (par écrit ou oralement). Nous vous conseillons de passer par l’écrit, pour éviter toute mauvaise surprise.
Lors de chaque entretien, votre employeur peut également demander à se faire assister, notamment par :
Si l’employeur décide de se faire assister durant un entretien, il doit également vous en informer préalablement (par écrit ou oralement).
La convention de rupture conventionnelle fixe les conditions de la rupture du contrat de travail, que vous établissez librement avec votre employeur. Cette convention prévoit notamment :
L’employeur doit vous remettre un exemplaire de la convention de rupture conventionnelle. Notez que le non-respect de cette obligation de la part de votre employeur vous permet d’obtenir l’annulation de la rupture conventionnelle et le versement des indemnités pour licenciement injustifié (sans cause réelle et sérieuse). Votre employeur et vous-même devez tous deux signer cette convention.
Votre employeur, tout comme vous, disposez d’un droit de rétractation de 15 jours calendaires (comprenez : tous les jours de l’année, y compris fériés ou chômés), Le délai débutant le lendemain de la date de signature de la convention. Lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu’au 1er jour ouvrable suivant.
Nous vous conseillons de vous rétracter en adressant un courrier par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de litige, une preuve est toujours bienvenue.
En l’absence de rétractation dans le délai prévu, vous devez adresser la convention de rupture conventionnelle à l’administration pour obtenir sa validation. La procédure de validation de la convention varie selon que le salarié est protégé ou non. Vous devez envoyer le formulaire à la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE).
La DIRECCTE dispose d’un délai de 15 jour ouvrables (du lundi au samedi, à l’exception des jours fériés ou chômés), à partir du lendemain du jour ouvrable de la réception de la demande, pour vérifier la validité de votre convention. Si le dernier jour de ce délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.
Si la DIRECCTE ne vous a pas répondu dans le délai de 15 jours, votre convention est homologuée. En cas de refus d’homologation, la DIRECCTE doit motiver sa décision (notamment en cas de non-respect d’une étape de la procédure ou de doute sur le libre consentement des parties).
Attention : tout recours concernant la convention, son homologation ou le refus d’homologation doit être présenté au conseil de prud’hommes dans les 12 mois suivant la date d’homologation de la convention.
Tant que le contrat n’est pas arrivé à expiration, vous poursuivez votre activité dans les conditions habituelles. Vous pouvez également prendre des congés payés durant cette période.
Quelle que soit votre ancienneté, si vous signez une rupture conventionnelle homologuée, vous bénéficiez d’une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, à l’issue de la rupture du contrat. Elle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement (1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années,
1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11ème année).
Le calcul de l’indemnité spécifique varie en fonction de l’ancienneté et de la rémunération.
De manière générale, elle est établie ainsi :
Attention : l’ancienneté est calculée à partir de la date de rupture effective de votre contrat de travail, c’est-à-dire à la fin de votre préavis, même si celui-ci n’est pas exécuté.
La date marquant la fin de votre contrat de travail est prévue dans la convention de rupture. Vous n’êtes pas tenu d’effectuer un préavis. Votre employeur doit vous remettre les documents suivants :
Vous percevez l’indemnité de congés payés, si vous n’avez pas bénéficié de tous vos congés acquis à la date de rupture du contrat.
Si le contrat de travail prévoit une clause de non-concurrence (clause qui vous empêche temporairement d’exercer dans une entreprise concurrente à l’entreprise que vous quittez, dans une limite géographique), la contrepartie financière est due (sauf renonciation à la clause par votre employeur).