La CARMF est une caisse de retraite et elle désigne la Caisse Autonome de Retraite des Médecins Français. Il s’agit de l’une des 10 sections professionnelles de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CAVPL). Elle prend en charge les 3 régimes de retraite des médecins libéraux, à savoir la retraite de base, la retraite complémentaire et la retraite supplémentaire.
Créée en 1949, la CARMF regroupe environ 123 700 cotisants. Ainsi, le fonctionnement de la retraite complémentaire dépend donc du métier exercé, alors que la retraite de base est commune à tous les professionnels libéraux.
Tous les médecins diplômés, inscrits au conseil de l’ordre et qui exercent une activité libérale sont tenus d’adhérer à la CARMF. Cela vaut également pour les médecins :
Ainsi, l’ensemble des médecins, à l’exception de ceux travaillant dans les hôpitaux et les établissements publics, cotisent à la CARMF.
Concernant les médecins remplaçants, il est possible de prétendre à une exonération de cotisations, si vous êtes exonéré de Contributions Économiques Territoriales (CET) et si vos revenus d’activité indépendante sont inférieurs à un certain plafond.
Un conjoint collaborateur de médecin, à savoir l’époux, épouse ou partenaire de pacsé, qui exerce pour lui sans être rémunéré ni associé du cabinet peut être affilié à la CARMF. Pour ce faire, le praticien doit verser une cotisation facultative au nom de son conjoint collaborateur, basée sur son assiette de cotisation.
Au même titre que le régime de base, le régime complémentaire ici est un régime en points. Un médecin est exempté de cotisations complémentaires pendant les 2 premières années d’activité libérale, excepté s’il est âgé de 40 ans et plus lorsqu’il devient indépendant.
Dès la 3e année d’emploi, en tant que médecin, vous devez cotiser au prorata de vos revenus professionnels de l’année N-2 dans la limite de 3,5 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) de l’année N. Le PASS a été fixé à 47 100 euros au 1er janvier 2025.
Le taux de cotisation complémentaire étant de 10,2 %, la cotisation maximale du programme atteint 16 553 euros en 2024. Elle permet l’attribution de 10 points dans l’année.
Vous pouvez disposer de dispense de cotisation au régime complémentaire en cas de revenus insuffisants. Son calcul s’appuie sur les revenus imposables du médecin pour l’année N-1.
En 2024, la réduction va de 100 % (montant total exonéré) pour les médecins dont les revenus en 2023 sont inférieurs à 6 000 à 0 % (cotisation normale) pour ceux qui gagnent plus de 32 000 euros pour l’année. Ainsi, l’abattement réduit proportionnellement le nombre de points acquis.
Revenus imposables du médecin de l’année 2024 | Taux de dispense |
Jusqu’à 6 000 € | 100 % |
de 6 001 € à 14 100 € | 75 % |
de 14 101 € à 22 800 € | 50 % |
de 22 801 € à 32 000 € | 25 % |
Les données ne sont pas encore connues pour l’année 2025.
Il est possible de bénéficier de points complémentaires, sans cotisations, au titre de l’incapacité et de la maternité. Cela concerne :
Le versement des cotisations permet de constituer des droits au sein du régime complémentaire de la CARMF.
Depuis 2017, l’âge de la retraite complémentaire est le même que celui de la retraite de base, à savoir entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance. Ainsi, aucune décote n’est appliquée, même si la retraite de base est liquidée à taux réduit.
En revanche, une surcote peut être appliquée pour chaque trimestre travaillé au-delà de 64 ans. Ainsi, elle s’élève à 1,25 % pour les trimestres travaillés entre 64 et 65 ans, et à 0,75 % pour les trimestres travaillés entre 65 et 70 ans.
Pour rappel, avant 2017, vous deviez avoir atteint 65 ans afin de percevoir une retraite à taux plein. Néanmoins, la retraite complémentaire pouvait être liquidée à partir de l’âge légal de liquidation de la retraite de base avec 5 % de décote par année manquante.
Le montant de la retraite complémentaire de la CARMF est calculé de la façon suivante :
Valeur du point X Nombre de points X Taux de pension = Retraite complémentaire
Il faut noter que le nombre de points que vous avez acquis au cours de votre carrière professionnelle est indiqué sur l’appel de cotisations. Ainsi, un médecin accumule 1 point par tranche de revenu de 15 089 euros en 2023, et ne peut pas accumuler plus de 10 points par an.
Exemple : Simon a un revenu annuel de 80 000 euros. Il a alors accumulé 6 points (80 000 / 15 089 = 5,3).
La valeur du point est de 75,25 euros en 2024 et le taux de pension est à minima de 100 %.
Exemple : Claire part à la retraite à 62 ans, en ayant accumulé 240 points depuis le début de sa carrière. Sa retraite complémentaire est alors de 240 x 70, 05 = 16 812 euros brut annuel.
Exemple : Isaac part à la retraite en à 65 ans. Il a exercé 12 trimestres entre 62 et 65 ans. Sa retraite complémentaire est majorée de 15 % (pour rappel 1,25 par trimestre séparant le 1er jour du trimestre civil suivant l’âge de 62 ans et la date de la retraite). Le taux de pension n’est pas de 100 %, mais de 100 + 15 = 115 %. Sa pension complémentaire s’établit à 230 x 70,05 x 115 % = 18 528,2 euros brut annuel.
Il existe une majoration de 10 % pour les parents de 3 enfants.
Les veufs et veuves de médecins peuvent percevoir 60 % de la pension complémentaire que le praticien touchait ou aurait dû toucher s’il était parti à la retraite à partir de 62 ans. Toutefois, cette prestation est réservée aux conjoint(e)s survivant(e)s marié(e)s, sans conditions de ressources à respecter.
En revanche, dans ce cas, vous devez avoir été marié pendant aux mois 2 ans avec l’affilié décédé. Si divorce ou remariage, la pension complémentaire de réversion est versée au prorata de la durée de mariage entre les conjoint(e)s survivant(e)s. En outre, si ce(tte) dernier(ere) se remarie, il/elle n’est plus en droit de bénéficier de la pension de réversion.
Les médecins ont le droit de cumuler l’activité professionnelle avec la retraite complémentaire. En effet, la CARMF n’impose pas de limite de revenu si le retraité remplit les conditions pour toucher sa retraite complémentaire à taux plein. Dans le cas contraire, ce revenu est limité au Plafond de la Sécurité sociale, avec diminution de la pension en cas de dépassement.
La loi Santé de 2016 a relevé progressivement l’âge limite pour effectuer des vacations dans des établissements de santé ou médico-sociaux, passant de 67 ans à 72 ans jusqu’au 31 décembre 2022.
La pension de retraite complémentaire de la CARMF n’est pas attribuée automatiquement.
Il est nécessaire de réaliser la demande en ligne sur l’espace personnel e-CARMF ou la demande écrite au :
Service allocataires de la CARMF
44 bis rue Saint-Ferdinand
75017 Paris
Ensuite, l’organisme vous renvoie un formulaire de demande de retraite à remplir, signer et faire viser par le Conseil de l’Ordre des médecins. Il faut joindre au dossier les pièces justificatives suivantes :
La retraite prend effet le 1er jour du trimestre civil qui suit la demande.
Les médecins « conventionnés », c’est-à-dire signataires de la convention avec la Sécurité sociale, sont obligatoirement affiliés au régime des allocations supplémentaires vieillesse (ASV) contrairement aux professionnels non « non conventionnés ».
Les cotisations comportent une part forfaitaire peu importe le niveau de revenu et une part dit « d’ajustement », proportionnelle aux revenus professionnels.
Ces deux parts sont prises en charge au deux-tiers par l’Assurance maladie pour les médecins conventionnés de secteur 1, qui appliquent les tarifs de la Sécurité sociale. Les médecins conventionnés de secteur 2 (qui pratiquent des dépassements d’honoraires) paient à 100 % les cotisations ASV forfaitaires et proportionnelles.
Ainsi, la part forfaitaire s’élève à 5 556€ en 2025. Concernant la part d’ajustement, elle est basée pour les deux premières années civiles d’affiliation, sur les mêmes bases forfaitaires retenues pour le régime de base (7 816 euros en première année en 2022 et 7 816 euros en seconde année en 2022) soit des cotisations respectives de 297 euros et 297 euros.
Les conditions pour percevoir la retraite du régime supplémentaire sont les mêmes que pour le régime complémentaire, à l’exception de la réversion dont le taux est de 50 %. La valeur du point s’élève à 11,71 euros au 1er janvier 2025.
L’affiliation est obligatoire pour tout médecin exerçant une activité libérale (installation, remplacements, expertises pour les compagnies d’assurance ou les laboratoires privés, secteur privé à l’hôpital, en société d’exercice libéral ou toute autre activité rémunérée sous forme d’honoraires, même s’il ne s’agit pas de la médecine de soins) ou étudiant en médecine effectuant des remplacements sous licence en France métropolitaine et dans les départements d’Outre‑Mer ou à Monaco.
Vous ne devez pas être assujetti à la Contribution Economique Territoriale (CET) et votre revenu d'activité libérale net à n-2 est inférieur à 12 500 €.
Selon les chiffres de la Caisse de retraite des médecins de France (Carmf), au mois de décembre 2021, 82 252 médecins retraités ont perçu une pension moyenne de 2 703 €.
Pour payer vos cotisations en ligne, vous devez disposer d'un compte personnel eCARMF. Si ce n'est pas déjà le cas, vous aurez besoin de votre numéro de Sécurité sociale, votre référence CARMF (numéro de cotisant) et d'une adresse e-mail valide pour ouvrir votre compte eCARMF (voir le didacticiel "comment s'inscrire").
L'identifiant CARMF se compose de 6 chiffres et 1 lettre clé qui doivent être saisis sans espace. Ce numéro figure en référence sur les appels de cotisations et les courriers de la CARMF. Un e-mail vous sera envoyé sur l'adresse électronique associée à votre compte eCARMF.